Saint-Jérôme...capitale des clowns!
Le vendredi 17 août 2007
Saint-Jérôme... capitale des clowns!
La Presse
«Le plus dur pour un clown est de faire rire les gens. C'est un art, car se faire accepter par les adultes et les enfants sous un maquillage et un costume comme quelqu'un ayant des émotions et des sentiments n'est pas facile. Et comme tous les clowns se ressemblent, créer son propre personnage est aussi un art.»
Ti-Pit, qui fait le clown depuis une trentaine d'années, participera au 12e Clown'Art, ce dimanche à Saint-Jérôme, où petits et grands pourront rencontrer tous les clowns du Québec qui se sont donnés rendez-vous pour un grand défilé et des activités gratuites toute la journée.
Pierre Dubois, alias Ti-Pit, raconte qu'il est devenu clown naturellement. «J'étais étudiant en art, dit-il, j'avais un esprit ludique et j'aimais beaucoup chanter des chansons comiques dans les bistrots. Je suis allé à l'atelier des clowns du Québec, de Simone Lamontagne. Ça a commencé comme ça.»
Après avoir fait du mime et découvert la «commedia dell'arte», Pierre Dubois s'est produit sous le nom de Monsieur Soleil dans les centres commerciaux, les centres de personnes âgées ou les fêtes de quartier. À un moment donné, il faisait partie d'une troupe et son rôle était de se faire entarter !
«J'étais dans un spectacle de théâtre qui représentait le cirque, alors dans le jeu, mon personnage était un clown, dit-il. J'ai bien dû me faire entarter 150 fois !»
Ensuite, il a fait des tournées avec le cirque Universel, puis le Super Cirque, qui passe au Centre Bell chaque fin d'année. Cofondateur de l'Association des clowns du Québec, Ti-Pit est maintenant un clown guitariste, qui se promène souvent avec un drôle de vélo géant. Il a la verve d'un Sol, toujours fertile en jeux de mots désopilants. Mais la vie d'un clown n'est pas toujours rigolote. «Il y a parfois des périodes où on est très riche et des périodes où on est très pauvre», dit Pierre Dubois.
Redevenir un enfant
Passer de Pierre Dubois à Ti-Pit puis l'inverse quelques heures plus tard ne lui pose pas de problèmes. «Une fois que je me maquille et que je m'habille en clown, je me transforme et je deviens un nouvel enfant puisqu'on s'inspire beaucoup des enfants qui jouent naturellement. Le fait de devenir un enfant lorsqu'on a 30 ans, 40 ans ou 50 ans, il n'y a rien de plus agréable.»
C'est l'Association des clowns du Québec, qui représente 150 clowns, qui organise Clown'Art du 19 au 23 août à Saint-Jérôme. On y attend 25 000 personnes.
La ville des Laurentides est prête pour accueillir ce «plus grand rassemblement francophone de clowns au monde» qui regroupera plus de 100 clowns, amuseurs publics et artistes de cirque. Le défilé fera le tour du centre-ville de 13 h à 13 h 45, puis 18 spectacles de clowns seront offerts l'après-midi (voir détails à www.clownart2007.com).
On pourra manger avec tous les clowns à 17 h, lors d'un pique-nique animé, avec épluchette de blés d'Inde et gros gâteau surprise. Puis, à 19 h 30, autre spectacle gratuit animé par Fredolini et Zani. Les enfants pourront être maquillés et participer à des jeux forains, des mats de cocagne ou des ateliers d'initiation au cirque.
La programmation en salle, réservée plutôt aux adultes, offre cinq spectacles payants de lundi à jeudi, dans trois salles différentes, notamment lundi, Sunk in the Trunk, un spectacle qui a reçu le Prix Coups de pouce/Vue sur la relève 2007.
«C'est le meilleur spectacle que j'aie vu au cours des deux dernières années, dit le clown Fredolini, alias Frederico Iuliani, codirecteur artistique de la programmation. C'est l'histoire des démêlés d'un clown avec l'immigration. C'est très touchant et très poétique. Du très bon clown théâtral présenté en onomatopées.»
Mercredi, le mystère est au programme ! Un cabaret permettra au public de voir des artistes connus, mais dont les organisateurs ont choisi de taire les noms. Frederico Iuliani accepte seulement de dire qu'on y retrouvera «un incontournable du Festival Juste pour Rire depuis sept ans».
Enfin, le Cabaret Nez pour rire 2007 clôturera le Clown'Art 2007 jeudi, avec une vingtaine d'artistes sur scène. Les billets se vendent 15 $ l'unité ou les cinq spectacles pour 50 $, un forfait appelé «Mourir de rire».
Clown'Art est aussi l'occasion pour les enfants et les ados de participer à un camp de jour axé sur les clowns et le cirque, de lundi à vendredi prochain. Chaque jour de 9 h à 15 h, (un service de garde est aussi offert), les enfants pourront apprendre (avec un moniteur pour 10 enfants) à faire des acrobaties au sol, jongler, faire des exercices d'équilibre (échasses, assiettes chinoises, monocycle) et préparer un numéro qu'ils présenteront à leurs parents à la fin du camp.
Car apprendre à être clown, ce n'est pas la même chose que d'apprendre à devenir humoriste, selon Ti-Pit. «Les humoristes utilisent l'actualité et les faits de société pour les rendre drôles, dit-il. Nous, on a plus tendance à emmener le public dans un monde imaginaire où ils peuvent eux-mêmes se retrouver. Parce que souvent, on s'identifie au clown durant un spectacle alors que ce n'est pas le cas d'un humoriste.»
Selon Pierre Dubois, il y a une forte relève chez les clowns depuis la renommée du Cirque du Soleil. Et ces jeunes clowns sont de plus en plus éclectiques, capables de faire rire et d'exécuter des numéros de cirque en même temps.
Saint-Jérôme a d'ailleurs une école de formation en arts du cirque, Drôle de Cirque, qui propose, dès le mois prochain, des cours pour toute la famille (à partir de 8 ans). Chaque samedi, de 9 h à 12 h, on peut y apprendre des acrobaties, des exercices de jonglerie ou d'équilibriste, l'art du mime ou bien encore monter sur des échasses ou sur un monocycle. Bref, si vous voulez faire le clown, c'est à Saint-Jérôme qu'il faut aller.
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Pour informations:
www.clownart2007.com
ou 450-436-3338
Drôle de cirque, 450-226-5557
